[Archives] Remise du prix Houphouët Boigny - UNESCO

Publié le 14 septembre 2011

Discours de M. Michel Mercier, garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Libertés

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Madame la Directrice générale,

Madame la Présidente, Messieurs les Présidents,

Messieurs les Premiers Ministres,

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

Mesdames, Messieurs,

Chers amis,

C’est un honneur pour moi de représenter le Président de la République à cette cérémonie, le prix Houphouët Boigny pour la recherche de la paix vient honorer cette année l’association argentine des grands-mères de la Place de Mai, pour son engagement exceptionnel en faveur des droits de l’Homme.

Par ce prix, l’UNESCO rend hommage à ceux qui par leur action oeuvrent pour la défense des droits de l’Homme. La France soutient cette ambition et vous pouvez compter, Madame la Directrice générale, sur l’engagement de notre pays au sein de votre organisation. Le « nouvel humanisme » est votre devise, et je veux saluer le nouvel élan que vous avez su donner à l’UNESCO, pour promouvoir la diversité, la solidarité, l’égale dignité de toutes les cultures.

Le prix Houphouët Boigny pour la recherche de la paix a été créé en 1989 dans un esprit de partage, de tolérance, de respect mutuel et de dialogue interculturel. La présence aujourd’hui de tant de personnalités éminentes témoigne du rayonnement international de ce prix. Je voudrais profiter de l’occasion qui m’est aujourd’hui donnée pour saluer son parrain, le Président Abdou Diouf, Secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie, ainsi que le Président Henri Konan Bédié et le Président Alassane Ouattara. Je salue également les présidents du Sénégal, du Burkina Faso et de la Mauritanie, dont la présence aujourd’hui à Paris contribue au rayonnement du prix Houphouët Boigny.

Honorer les grands-mères de la Place de Mai, c’est rendre hommage à celles qui ont bravé la dictature militaire pour faire valoir le droit à la vérité pour toutes les personnes enlevées et disparues ; c’est rendre hommage à celles qui ont permis que des enfants, nombreux, puissent lever le voile sur leur passé, retrouver leur famille, et reconstruire ainsi leur identité. Par leur action sans relâche, les grands-mères de la Place de Mai ont lutté pour que soit mis fin à l’impunité des responsables de cette terrible violation des droits de l’enfant.

Madame Estela de Carlotto, qui présidez l’association des grand-mères de la Place de mai, votre combat vous a valu d’être honoré en 2003 du prix des droits de l’Homme des Nations Unies, aujourd’hui vous recevez cette nouvelle distinction, qui témoigne de la force de votre engagement indéfectible et courageux, qui est un exemple pour tous ceux qui œuvrent pour la protection et la promotion des droits de l’Homme.

Je veux adresser mes sentiments les plus chaleureux à la Présidente de la Nation argentine et saluer une nouvelle fois le travail de mémoire que votre pays a entrepris depuis 2003. La lutte contre les disparitions forcées est notre priorité commune. La France entend poursuivre son action en ce domaine. La « Convention internationale de protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées », qui qualifie ces disparitions de crime contre l’humanité, est entrée en vigueur en décembre dernier, 88 Etats l’ont déjà signée – il faut aller plus loin pour aboutir à sa ratification universelle.

Protéger les plus vulnérables, permettre que la justice pénale puisse s’accomplir, sont autant de priorités fondamentales des Nations Unies, auxquelles la France est particulièrement attachées.  

Mesdames et Messieurs,

Ces valeurs, l’aspiration à la liberté sont aujourd’hui bien vivantes. Les mouvements en faveur de la liberté et des droits de l’Homme sont une source d’inspiration pour tous les peuples qui aujourd’hui se lèvent, dans les pays arabes et ailleurs, pour réclamer plus de démocratie et plus de justice. Et qu’il me soit permis de saluer le rôle de la société civile, et en particulier le dévouement des femmes dans ce combat. Elles ont souvent payé un prix lourd pour cet engagement.

Nous nous trouvons aujourd’hui à un moment unique, quel plus bel endroit que cette enceinte des Nations Unies et autour des grand-mères de la Place de Mai, pour saluer ceux qui luttent pour la liberté et les droits fondamentaux, et portent les immenses espoirs de leurs peuples. La France soutient leurs aspirations, et entend porter les valeurs fondamentales qui sont celles de l’UNESCO, ces valeurs sont les fondations d’un monde plus juste et plus libre que nous appelons de nos vœux.

Je vous remercie.